Archive de la catégorie 'Société'

Sep 07 2013

Travailler va-t-il devenir illégal ?

Publié par dans actu,Coups de gueule,Société

Tel est le titre de l’édito du magazine économique de Océan Indien, Memento, édition Août 2013.

Georges-Guillaume LOUAPRE-POTTIER, rédacteur en chef, écrit ces lignes qui font réfléchir :

Travailler est-il encore nécessaire en France ? Peut-on vivre sans effort ? L’avenir appartient-il à ceux qui ne veulent rien faire ?

“La France s’enfonce inexorablement dans un avenir économique de plus en plus faible. La justice sociale des rémunérations passe-t-elle par celle du temps de travail ? L’avenir du travailleur récompensé par ses efforts ne semble plus être un objectif gouvernemental. La favorisation de celui qui ne fait rien au détriment de celui qui travaille est-elle devenue un argument politique ? Au vu de l’accroissement du nombre de chômeurs, il faut malheureusement croire que oui. Sous couvert de justice sociale, le message politique est très clair : lorsque vous travaillez trop, vous serez dans l’obligation de redistribuer votre surplus d’effort pour le donner à celui qui travaille peu ou pas. La solidarité du partage de ce temps de travail va indiscutablement fatiguer ceux donnant beaucoup, qui sont toujours les mêmes, et force est de constater qu’au final, malgré l’augmentation de leurs cotisations en faveur de cette solidarité, cela ne produit aucun dynamisme, ni remerciement, ni honorabilité auprès de ceux qui se laissent vivre sans aucune obligation de participation à la vie collective d’un pays. Ont-ils tort de profiter du système ? Absolument pas ! Pourquoi user ses muscles dans un travail lorsque quelqu’un d’autre s’en charge ? Ne rien faire est tellement facile et la mode actuelle est à celui qui en fait le moins.”

 

Le trait est forcé, mais en tant qu’entrepreneur c’est bien ce que je ressens. Merci Monsieur de le dire si haut et fort !

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May 15 2013

Simili-réunionnais ou culture de la différence

Je croisais régulièrement sur Paris ce que j’appelle des simili-réunionnais… Ce sont des métropolitains qui se présentent comme des réunionnais mais qui n’ont en général de réunionnais que leurs parents.

Ce sont eux que l’on voit arborer des t-shirt 974, des chaînes en or avec une carte de la Réunion, ce sont eux qui traînent dans les boîtes antillaises le week-end et qui dansent sur de la musique simili-réunionnaise qui ne passe pas à la Réunion.

Les simili-réunionnais, comme beaucoup de personnes, essaient simplement de se démarquer des autres et de revendiquer une différence.

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Apr 30 2013

D’habit et de moine

Publié par dans Philo à 2 balles,Société

Allez, un petit article de “philo à 2 balles” :)

Nous jouons les personnages créés par les a-priori des autres

N’avez-vous jamais remarqué que notre comportement change suivant les vêtements que nous portons ?

J’en fais l’expérience tous les jours : en jean/t-shirt ou en costume/cravate, mon comportement n’est pas le même : regard, tenue de tête, démarche, … tout est différent ! Même en en étant conscient, je n’arrive pas à m’y défaire :)

Deux forces semblent entrer en jeu :

  • La volonté de paraître
  • Les a-priori

Lorsque nous sommes en costume, nous suggérons un personnage aux autres, qui se l’imaginent à travers leurs a-priori. Ce regard des autres est perceptible et pour ne pas les frustrer dans leur imagination et parce que paraître est plaisant, nous nous mettons à jouer ce personnage. Nous devenons le personnage de l’inconscient collectif.

Les titres sont aussi des costumes

Les titres (Responsable, chef, etc.) modifient également considérablement la façon dont nous nous comportons et dont nous percevons les autres.

Au début d’une de mes missions, je croisais souvent un petit chauve qui longeais les murs en baissant la tête. Ce petit monsieur me paraissait exclu et craintif. Il me faisait presque pitié. Par politesse, Je lui fit régulièrement de grands sourires accompagné de francs “Bonjour !”. Il ne me répondit jamais et ne me renvoyas pas mes sourires.

J’appris par la suite que ce monsieur était en fait le chef du chef de la personne pour qui je travaillais. J’appris que ses collègues le craignait, qu’il était réputé colérique. J’appris qu’il ne disait bonjour qu’à ses subordonnés directs et qu’il considérait les prestataires uniquement comme de la main-d’oeuvre prête à faire ses 4 volontés. Son évitement n’était donc pas lié à de la timidité mais peut être à un certain dégoût des personnes inférieures à son “rang”. Peut être aussi qu’il jouait ce rôle et se servait de sa réputation pour asseoir son pouvoir.

Ce titre et cette réputation changea complètement ma perception du personnage. Si j’avais connu son titre avant de le croiser, je n’aurais certainement pas eu la même approche. Je pense qu’il a du être également surpris de mon comportement et a du se rendre compte que je ne connaissais pas son titre.

Les titres et les costumes dressent des barrières entre les personnes et les amènent à jouer des rôles.

Image et stress

Tout ce paraître est très fragile et peut être brisé facilement : l’homme costumé qui paraissait froid et rigide au premier abord, devient tout à coup abordable suite à un simple sourire.

Casser une image peut être source de stress, surtout quand l’image que nous voulons donner nous semble plus valorisante que ce que nous sommes vraiment. Ainsi, une prise de parole peut devenir très difficile parce que nous savons qu’elle cassera l’image que notre costume et notre mutisme avait réussi à maintenir jusque là.

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Apr 10 2013

À propos du patrimoine des politiques

Publié par dans actu,Réunion,Société

Moraliser-la-politiqueLa retentissante affaire Cahuzac provoque chez certains politiques (les plus irréprochables dit-on) un besoin de se blanchir vis à vis du public en publiant leur patrimoine. On assiste à un grand déballage peu contrôlé plutôt risible :)

Par chez nous à la Réunion, la déclaration du maire de Saint-Leu en a choqué plus d’un : 9 millions d’euros de patrimoine et un salaire de 90 000€ !

Si effectivement ces chiffres peuvent monter à la tête – et il y a de quoi – le choc est atténué lorsqu’on sait que cette fortune provient principalement d’héritage familial et du fruit des entreprises du maire, issues de sa vie privée. Finalement nous apprenons donc le maire de Saint-Leu n’a pas besoin de ses mandats (député-maire) pour gagner sa vie. Ses indemnités ne représentent “que” 9% de ses revenus.

Pour ma part, je félicite M. Thierry Robert, maire de Saint-Leu pour sa remarquable réussite professionnelle privée et pour son engagement désintéressé dans la politique.

Dans un récent article sur le blog de Gaëtan Gorce, sénateur socialiste, on peut lire : “on devient toujours plus tôt, toujours plus jeune, dépendant, pour vivre, d’un mandat ou de celui ou celle qui l’exerce”.

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Sep 06 2012

Open source et argent

L’open source ?

En informatique, il existe des logiciels que l’on appelle “logiciel libre” ou “logiciel open source”. Le principe sous-jacent à ce concept est la fourniture d’un socle logiciel ouvert, réputé stable et reconnu comme standard.

Les logiciels libres ne sont pas propriétaires par nature mais développés par une communauté. Leur code source est distribué, permettant ainsi à chaque développeur en possédant une copie de les modifier et les améliorer, sous réserve de redistribuer les sources modifiées à la communauté. Personne ne peut alors s’approprier un tel logiciel et sa pérennité est garantie par son indépendance.

Editeurs et intégrateurs

Le modèle open source a aujourd’hui atteint sa maturité. Deux acteurs principaux tirent leur épingle du jeu : les éditeurs et les intégrateurs.

Les premiers ont le rôle de fédérateur de leur communauté, en fournissant les axes de développement du logiciel, en arbitrant les modifications et en garantissant un minimum de développeurs permanents sur le produit. Ils proposent du service (support, maintenance, formation), des certifications et parfois des extensions propriétaires développés sous la forme de modules afin respecter la licence open source.

Les intégrateurs quant à eux proposent essentiellement des missions d’intégration et de conseil, parfois des formations. Une certification de leurs consultants par l’éditeur est un must.

Et l’argent dans tout ça ?

Tout ce petit écosystème vit grâce… à de l’argent ! Mais oui ! “Open source” et “libre” ne riment pas avec “gratuit”. Les éditeurs doivent rémunérer leurs salariés, les intégrateurs doivent se former sur le produit et se certifier pour pouvoir conseiller et installer la meilleure plateforme possible chez leurs clients. Tout cela coûte de l’argent.

Ceci peut paraître très simple et naïf, mais je suis toujours surpris de rencontrer des personnes outrées par le fait que les éditeurs open source proposent des modules payants ou que les intégrateurs facturent “cher” leurs prestations !

Le rapport à l’argent est tout simplement faussé, et encore plus en France. Les billets verts (ou multicolores par chez nous) devraient être perçus comme un échange de valeur. Un logiciel ou une prestation de valeur doit avoir un prix qui reflète cette valeur. Si ce prix n’est pas respecté, la valeur diminuera en conséquence. Ceux qui pensent que l’open source est gratuit tueront l’open source.

 

Je profite de ce post (le premier depuis longtemps) pour dire un grand BRAVO et FELICITATIONS à RedHat pour avoir atteint le milliard de dollar de CA cette année ! RedHat devient ainsi la référence des éditeurs open source et c’est grâce à ce type de sociétés que l’open source perdurera.

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