Archive de la catégorie 'Réunion'

nov 01 2009

Réyonés, rayonnons !!

Publié par Bruno dans Réunion

J’ai eu l’honneur de participer il y a 2 semaines à la première rencontre de la diaspora réunionnaise.

Dans un contexte où les jeunes réunionnais sont 7500 à arriver sur le marché du travail chaque année pour seulement 3000 postes créés, cette première rencontre de la diaspora avait un triple objectif :

  • Créer une diaspora réunionnaise : avoir des expatriés ne suffit pas, il faut une synergie, des moyens de communication et des projets communs. Une diaspora est un réseau puissant capable d’accueillir, de conseiller et de placer les nouveaux arrivants. Bien sûr, plusieurs associations réunionnaises existent déjà, mais c’est la première fois que le mot “diaspora” est médiatisé à ce point sur l’île et au-delà.
  • Montrer la voie à la jeunesse réunionnaise : l’objectif était de montrer aux jeunes qu’il est possible de quitter l’île et avoir une vie passionnante en métropole ou à l’étranger. Il faut leur donner envie de partir. Les parcours et les pays de résidence des diasporés avaient effectivement de quoi faire rêver (Thaïlande, Australie, Canada, Chine, Afrique du Sud, etc.).
  • Échanger autour des retours d’expérience et des attentes de la diaspora réunionnaise avec les élus locaux et les entreprises réunionnaises. Les diasporés ont bien sûr beaucoup à apporter à leur île grâce à leur expérience accumulée dans d’autres pays et cultures. Ils ont aussi des attentes : être accompagnés pour le retour sur l’île, être conseillés et outillés lorsqu’ils promeuvent leur île à l’étranger, etc.

L’objectif global est de fédérer une diaspora réunionnaise qui saura motiver les jeunes à tenter leur chance en dehors de l’île, les accueillir et les accompagner. La promotion de l’île était aussi clairement affiché, dans la voie ouverte par l’IRT et sa fameuse campagne publicitaire 2009.

Mon impression générale au retour de cette semaine est extrêmement positif : cette rencontre a largement dépassé ses objectifs malgré une regrettable très faible mobilisation de la jeunesse réunionnaise… (mauvaise comm ?)

Premier effet réseau

Une diaspora n’est pas constituée d’individualités dispersées, c’est un réseau fédéré.

L’effet réseau a été très perceptible pendant la semaine : les diasporés se sont abordés entre eux sans complexe, se racontant leurs expériences et échangeant leurs cartes de visite. Ce premier échange était déjà très fructueux : il y avait plusieurs “pointures” dans les diasporés, notamment en informatique, ce qui ouvraient des opportunités. C’était le niveau 1.

Niveau 2 : Notre tout nouveau réseau de diasporés a immédiatement été mis à contribution pour orienter les visiteurs vers les bons interlocuteurs. Exemple : un visiteur qui cherche à partir enseigner en Afrique est venu me voir :

  • Je lui ai présenté une diasporée qui travaille dans les aides au développement de l’UE à Bruxelles et qui lui a indiqué des organismes compétents qui pourront l’aider.
  • Je l’ai également mis en contact avec une amie (réseau personnel) qui est passionnée par le Burkina Faso et qui a de nombreux contacts dans ce pays, dont son ami.

Au final, je me suis révélé un excellent interlocuteur pour cette personne alors même que je n’y connais strictement rien à l’Afrique ni à l’enseignement !! C’est ça la force d’un réseau.

Partir

Même si je suis un grand amoureux de mon île, je n’ai jamais été impliqué dans aucun milieu associatif réunionnais. J’ai toujours pensé que lorsqu’on est loin de chez soi, il faut s’adapter, se faire des amis dans la région d’accueil et surtout ne pas s’enfermer avec des réunionnais en mal du pays : c’est le meilleur moyen pour déprimer, oublier de profiter du moment présent et se fermer à des opportunités.

Néanmoins, j’ai rencontré parmi les diasporés des personnes fortement impliqués dans les milieux associatifs réunionnais hors de l’île (Québec, Marseille, etc.) et j’ai été réellement impressionné par leur amour de l’île, leur volonté de faire découvrir les valeurs créoles dans leur région d’accueil et de promouvoir la Réunion. Ces personnes ont d’ailleurs été très actives et motivées lors des débats, sans doute à cause de leur engagement et leur connaissance des multiples parcours des adhérents de leur association.

Là où je me suis toujours efforcé de m’intégrer au maximum, quitte parfois à “cacher” mon identité réunionnaise, ces personnes l’arborent fièrement voire l’utilisent. Bravo !

Je constate aujourd’hui que les associations des ex-ilés doivent répondre à un double enjeu :

  1. Promotion de l’île dans le monde : le tourisme est la première ressource économique de la Réunion. Promouvoir l’île c’est augmenter le tourisme et les partenariats commerciaux et donc contribuer au développement de cette merveille de l’Océan Indien.
  2. Accueil des nouveaux diasporés : 4500 jeunes réunionnais se retrouvent sans emploi sur l’île chaque année. Beaucoup de ces jeunes doivent partir. Les aides financières ne suffisent pas, il faut des structures de conseil et d’accueil.

Rentrer ?

Les discussions ont tournés autour des thèmes de l’aide au retour des diasporés sur l’île (en vacances ou définitivement), de la “préférence réunionnaise” dans les entreprises, de l’accueil des jeunes dans les pays étrangers, de la promotion de l’île. Le côté “assistance” voire “assistanat” est parfois ressorti de certains témoignages. Heureusement, l’entreprenariat a également été abordé comme outil permettant le retour du diasporé et surtout de ses connaissances et expériences acquises ailleurs.

Pour ma part, je rentre définitivement sur l’île en décembre en tant que consultant indépendant en système d’information pour les grandes entreprises, PME et collectivités locales réunionnaises. Cette diaspora a donc été aussi pour moi l’occasion de rencontrer des chefs d’entreprises, des élus locaux, l’ARTIC, de laisser des CV, de prendre des cartes, parfois en marge du village.

Force est de constater : rentrer est beaucoup plus difficile que partir. Parce qu’on est plus vieux, parce qu’on a construit une vie ailleurs, parce qu’on a cristallisé une certaine image de la Réunion et qu’on a peur d’être déçu, etc. Rentrer comporte nécessairement une prise de risque.

Mon choix a été fait : j’ai eu la chance inouïe de naître sur un petit bout de paradis et d’avoir eue une enfance fabuleuse. Je compte bien donner la même chance à mes enfants. De plus, je suis convaincu que la Réunion a un potentiel formidable de développement qu’elle commence à peine à exploiter, surtout dans le domaine des TIC, et je compte bien y apporter ma pierre :)

L’après “premier village de la diaspora”

Après ce premier village et cette première rencontre très fructueuse et prometteuse pour l’avenir, tout est en train de se construire : des groupes de travail ont été mis en oeuvre sur 3 axes de travail définis lors du village. Le site de l’association Valcore est en cours de refonte pour héberger les outils qui vont permettre à la diaspora de rester connectée et de travailler sereinement.

En parallèle, l’initiative SR21vient de lancer la nouvelle marque we’re°union qui a pour but de promouvoir l’île à l’étranger, notamment sur les marchés anglophones si peu exploités. Cette initiative fait appel à tous les réunionnais en leur proposant de devenir les ambassadeurs de l’île. N’hésitez-donc pas à en faire partie :)

* Voir aussi mon interview pré-diaspora sur le site reunionnaisdumonde.com.

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mar 14 2008

Anthologique !

Publié par Bruno dans Marrant, Réunion

Détournement de Matrix en créole réunionnais par ganesh2.

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déc 05 2007

Malbar vantar, zarab volèr !

Publié par Bruno dans Réunion

tamoulOté, mi conné un malbar, sa lé vantar ! Marmaille là i fé son ti zaffer dans son coin sans di rien personne et après li vante à li si msn !

Et mi conné un zarab , sa lé volèr ! Dernièrement ma la vende à li in tab, li la fé traîne mon payement 2 mois et la rode fione à moins en dernière minute !

Mais moin-même mi pense que mi lé un peu malbar et un peu zarab :p…

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nov 15 2007

Lenteur de vivre ou la vie tranquille de La Réunion

Publié par Bruno dans Moi, Réunion

savate 2 doigtsMe voici en vacances à La Réunion après 2 ans et demi d’absence. Première impression : Rien, ou presque, n’a bougé. Certes, il y a un peu plus de voitures, quelques routes ont été modifiées mais les gens sont restés les mêmes. J’ai l’impression que l’île est figée dans le temps.

La vie à La Réunion n’a effectivement rien à voir avec la vie parisienne. A Paris et en métropole de manière générale, nous avons ce besoin de “remplir les week-ends”, d’avoir une vie passionnante en dehors du boulot. Cet état d’esprit n’existe pas à La Réunion. Les Réunionnais peuvent rester toute leur vie à ne rien faire et être parfaitement heureux (n’est-ce pas le but de l’existence que d’être heureux ?). Ceci se traduit par un fort taux de chômage à La Réunion (40%), une faible évolution des carrières et un fort abus des prestations sociales (RMI, Assedic, etc.). De plus, les Réunionnais ne profitent pas vraiment des attraits touristiques de leur île. La plupart des activités sont pratiquées uniquement par les touristes (zoreils).

Comment celà peut-il s’expliquer ? Sans aller jusqu’à dire que les parisiens ne sont pas heureux, ils n’ont peut être pas l’impression de s’épanouir dans leur milieu et ont donc ce besoin de faire un maximum de choses pour “vivre”. Au contraire, les Réunionnais sont toujours au soleil, entourés de copains et de leur famille, ils sont naturellement heureux. Pourquoi bouger alors qu’on est heureux ?
Etant né à La Réunion et ayant vécu mes 19 premières années sur l’île, je me sens Réunionnais “véritable”. Mais en 6 ans et demi de vie parisienne, j’ai été témoin d’une progressive transformation chez moi :

  • Ma marche est plus rapide et mon regarde ne flâne plus (on fixe la porte du métro et on y va droit dessus !).
  • Mon comportement est plus agressif de manière générale.
  • Je suis passé d’une naïveté presqu’enfantine à une certaine méfiance des gens.
  • Je déteste ne rien faire, je suis toujours en recherche d’efficacité et pire, j’impose cet état d’esprit autour de moi.
  • etc.

Paris m’a fait développer une carapace qui me permet de vivre dans cette mégalopole et d’évoluer dans ce milieu concurrentiel fort. La question à se poser est : Suis-je heureux ? Ce petit pélerinage aux sources me fait le plus grand bien en me rappelant toute cette réalité. Il me fait aussi réfléchir sur ce que j’ai réellement envie de faire dans un avenir proche.

Amis parisiens, ne me jettez pas la pierre ! Avec le temps j’ai appris à comprendre Paris et je pense que j’aime cette ville malgré tout. Mais La Réunion a une place plus large dans mon coeur et je ne me vois pas à 50 ans dans la grisaille.

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nov 17 2006

Pat’Jaunes

Publié par Bruno dans Réunion

Mardi dernier je suis allé voir en concert un groupe de musique réunionnais : les Pat’Jaunes.
Les Pat’Jaunes ont un style musical dérivé de la Polka, Mazurka, des vieux styles de musique en général. Comme ils le disent eux-même, “Etant fils d’agriculteurs, on est allé déterrer ces vieilles musiques”.

Ce choix musical assez particulier tient surtout du fait que les Pat’Jaunes sont des yabs, habitants des hauts de la Réunion. Ils sont les descendants directs des premiers colons de l’île (Portugais, Français, Anglais…). Ces styles musicaux ont été enfouis pour une bonne raison: lors de l’abolition de l’esclavage, les réunionnais, en majorité anciens esclaves, ne voulaient plus entendre ces musiques qui leur rappelait les colons.

Alternant auto-dérision et nostalgie, les Pat’Jaunes ont réussi à implanter leur style dans le paysage réunionnais, ressuscitant au passage une partie du patrimoine folklorique de l’île. A mon sens, pour celui qui s’intéresse un peu à la musique réunionnaise, ce groupe est incontournable.

Parlons un peu du concert maintenant. Il s’est déroulé au Sentier des Halles. C’est une toute petite salle à côté de Châtelet qui donne l’impression d’être taillée dans la roche. Entièrement voûtée, la salle retransmet une ambiance très chaleureuse.

Les morceaux ont été parsemés de petits intermèdes comiques et instructifs, parfois au milieu du morceau lui-même. Le seul reproche que j’aurais à faire au concert serait son manque de rythme. Je trouve que Pat’Jaunes manquait un peu de punch sur scène. Mais à part ce petit point, le concert a été très rafraîchissant pour un réunionnais exilé depuis presque 6 ans sur Paris. Rien que d’entendre parler créole avec un accent fraîchement sorti des hauts de l’île valait le déplacement.

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