mar 09 2008
Virée dans les catacombes ou Pourquoi les plaques d’égout sont-elles rondes ?
C’est un peu à l’arrache que nous avons décidé hier (8 mars) de descendre dans les catacombes du 13e. Le sous-sol du 13e ne comporte pas d’ossuaires, mais a l’avantage de ne pas nécessiter d’équipements spéciaux (à part, lampes et bouteille d’eau) pour s’y aventurer. Et pour une première, c’est déjà pas mal :).Les ossuaires de Paris sont dans le sous-sol du 14e. Mais il faut être équipé de bottes puisque le sous-sol est en partie inondé.
Nous étions 6 cataphiles à prendre part à l’aventure. Bolkm faisant office de guide puisqu’étant le seul à y être déjà descendu et à avoir une carte des lieux.
Descente dans les entrailles parisiennes
D’après notre guide, nous avions 3 options envisageables pour descendre, qui correspondent en fait à 3 plaques d’égout : Une à Place d’Italie, une autre à Tolbiac et une à Porte de Choisy. Celle qui nous aurait permis de voir les salles sans trop marcher était la plaque de Place d’It mais elle est plutôt visible et pas loin des flics :). Pour des raisons de discrétion, nous avons donc choisi d’entrer par Choisy.
La plaque n’était finalement pas si discrète que ça : située sur un boulevard :). Mais à 22h45, il n’y a effectivement pas beaucoup d’activité dans le coin.
Nous entreprîmes donc de soulever la plaque qui pèse tout de même près de 150kg ! Imaginez la scène : 6 cataphiles, habillés en clochards (les catacombes ça salit, vaut mieux pas se mettre sur son 31), avec lampes frontales en train de tirer sur une corde reliée à une plaque d’égout par un mousqueton. C’était beau !! Rien que ça ça valait le coup :).
S’ouvrait alors devant nous une échelle de 20m avec des paliers tous les 5m. Qui descend en premier ? Pas Boklm puisqu’il est le seul à savoir refermer la plaque. Euh ben je m’y colle alors ! L’échelle est assez bien fixé et le métal est épais et a l’air indestructible. Tant mieux :). La descente se fait finalement assez vite et on se retrouve tous en bas, bien content d’avoir des lampe-torches.
Atmosphère : il fait plutôt chaud et ça va encore se réchauffer en marchant (On aurait pu y aller en t-shirt en fait). C’est très humide et poussiéreux à la fois, l’air est très lourd. C’est assez flippant, des couloirs s’ouvrent devant nous et on n’y voit pas à 5m.
Visite du dédale
Euh, Mr le guide, à droite ou à gauche ?
Nous suivons Boklm sans poser de questions, il faut surveiller à la fois plafond et sol : les deux sont irréguliers et nous marchons souvent accroupis, parfois quasiment assis. Nous sommes en file indienne, les couloirs ne sont pas assez larges pour 2 personnes. Parfois nous devons franchir des flaques d’eau dans des zones très glissantes.
Premier obstacle majeur : il faut passer par un trou dans le mur ! Assez impressionnant. Le mur fait environ 50cm d’épaisseur. Le trou n’est pas assez large pour pouvoir ramper, on est obligé de passer les bras en premier et de pousser avec les jambes. Le premier a dû se tortiller et poser les mains au sol. Les autres ont pu se faire aider :). Et hop : vêtements tous sales déjà !
Notre guide nous signale qu’il y a aussi des passages (qu’on ne fera pas ce soir) qui nécessitent de ramper une dizaine de minutes. Il y en a même où on doit ramper comme dans le trou : bras en avant ! Arg, ça ne me tente pas du tout !!
La salle PTT
Nous n’avons fait qu’une salle mais assez vaste : la salle PTT. Abri atomique des PTT
qui a été rouvert par des cataphiles en 1998.
L’entrée dans cette salle est impressionnante. On arrive de petits couloirs où l’on est courbé et tout à coup… espace ! La salle PTT est très vaste. On y trouve plein de bougies laissées par les cataphiles, une table qui a l’air d’avoir bien servie, un puits vide (qui rappelle The Ring selon certains).
Où est la sortie ?
Une virée dans les catacombes dure en général assez longtemps selon Boklm : compter 3 à 4h en moyenne pour voir des choses intéressantes. Notre groupe voulait faire vite : on avait misé sur 2h avec la visite d’une salle. L’objectif était de ressortir à Place d’It.
Il se trouve qu’on était dans les temps, au bout d’1h30 nous étions sous Place d’Italie. Il restait à trouver la plaque… et c’est là que les ennuis commencent : NOUS NOUS SOMMES PERDUS ! Il faut dire que les cartes des catacombes ne sont pas très précises et il est très difficile de ne pas perdre le nord dans ce dédale de couloirs (penser à prendre une boussole la prochaine fois !).
C’est très flippant de se perdre dans les catacombes et c’est chronophage ! Le moment le plus impressionnant c’est lorsque quelqu’un de notre groupe décide de prendre en main la carte et est sûr de reconnaître les lieux sur la carte,.iI nous embarque dans un long couloir en disant : “De toute façon ça ne peut être que là, il n’y a pas d’autre solution” et bam : cul de sac !! Ca fait mal au moral !
Nous avons finalement retrouvé cette fameuse plaque de sortie après 1h d’errance qui a fait raté le métro à certains d’entre nous :p.
La montée fut rude, surtout pour certaines pas très sportives ;). En sortant sur les trottoirs de Place d’It, nous avons immanquablement rencontrés des passants : “Vous venez d’où ?”, “Ben de Choisy… c’est plus rapide par là !”. Scène cocasse : voir une plaque d’égout se soulever et 6 mecs (dont une fille) sortir couverts de boue :).
Le wagon de métro que nous avons pris ensuite ne devait pas être très heureux de nous voir monter non plus :).
Conclusion
C’est véritablement une expérience à vivre !! Très intense. En sortant nous étions convaincus d’avoir vécu quelque chose qui sort de l’ordinaire. Nous étions crevés, sales, sans envie d’y retourner mais incroyablement satisfaits de l’expérience !
Venons-en maintenant au fait :
Pourquoi les plaques d’égout sont-elles rondes ?
Simplement pour ne pas qu’elles tombent au fond quand on ouvre la bouche d’égout :). Faut le savoir…