Archive de la catégorie 'Coups de gueule'

Mar 10 2011

Cherche contrôleur de gestion… avec compétences en informatique

Vocabulaire :
– DAF = “Direction financière” ou “directeur financier”
– DSI = “Direction informatique” ou “directeur informatique”

 

Je suis tombé sur cette offre d’emploi à “double compétences” :

De formation supérieure en Finances type ESC ou équivalent universitaire, … rattaché(e) au Directeur Général Adjoint Finances vos principales missions s’articulent autour des axes suivants :

  • Participation active à la mise en place de clôtures mensuelles IFRS
  • Suivi financier de l’activité à Maurice comprenant le contrôle d’une usine et des zones de stockage
  • Reporting mensuel à destination du siège et l’analyse des écarts vs. Budget
  • Suivi des investissements locaux

mais aussi…

  • Optimisation de l’utilisation des systèmes informatiques actuels dans le but de réduire les délais de clôture et d’assurer un reporting d’indicateurs de gestion et d’activité hebdomadaire et mensuel. Si nécessaire participer à un projet d’implémentation d’un nouveau logiciel.
  • Pilotage de notre prestataire informatique sur les aspects techniques, sécurité et bureautiques.

 

On recherche donc un Directeur financier senior… avec de solides compétences en informatique !

Etonnant ?… Pas tant que ça lorsque l’on sait que 75% des DAF membres de la DFCG sont aussi DSI ou ont un rôle de supervision du système d’information.

 

Mais comment se fait-ce ?

La raison principale semble être historique : la direction financière a été (et l’est encore souvent aujourd’hui) le premier et le plus gros consommateur d’informatique de l’entreprise. Malgré elle, la DAF a donc du se doter de compétences adéquates pour s’outiller efficacement.

De plus, le DSI, souvent très “technique” dans les PME, a trouvé un allié de choix en la personne du DAF, qui est plus à même de négocier un budget informatique souvent très opaque pour le DG.

J’ai également souvent entendu dire qu’une telle organisation est le signe que l’informatique est vu comme un centre de coût… Et qui de mieux placé que le DAF pour gérer un centre de coût :D ?

Bien sûr, l’optimisation du nombre de salariés et le regroupement des services “support” de l’activité de l’entreprise y sont sans doute aussi pour quelque chose.

Quelles conséquences ?

Les conséquences peuvent être catastrophiques : le DSI, non présent aux comités de direction, est réduit à un rôle d’exécutant technique sans vision stratégique métier. Il produira donc certainement des usines techniques non alignées avec les attentes des directions métiers. Ce qui produira nombre d’incidents et de contournements dont on finira par s’y résigner… (j’exagère à peine :D )

 

A l’heure du “tout numérique”, les entreprises devraient voir en l’informatique beaucoup plus qu’un outil “support”. Un système d’information efficace est non seulement devenu vital à l’entreprise mais est aussi un formidable levier de performance pour son activité. Pour cela, le DSI doit comprendre et pouvoir influencer la stratégie de son entreprise, et doit donc être au plus près de sa direction générale.

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Nov 15 2010

A propos de salaires

Publié par dans Coups de gueule,Société


 

 

 

 

J’ai eu une discussion récemment avec un prof muté à la Réunion (on verra pourquoi ça a de l’importance) qui a commencé à me sortir :

Je suis outré du salaire des footballeurs, c’est indécent, blablabla, pareil pour les patrons des grandes entreprises, blablablabla !

Cela fait déjà plusieurs fois que j’entends ce genre de rengaine débile, je réponds donc calmement avec l’argument de la rareté :

Le football est un sport très très (très) populaire, il n’y a que 26 joueurs en France qui font rêver et vibrer l’ensemble du pays… cela a un prix.

Ce sur quoi il me sort violemment :

Ben si on suit ton raisonnement Sarkozy devrait lui aussi être payé des millions !!

Bouuuuh ! L’argument du “méchant qui fait peur” ! On se calme :

Effectivement, il me semble tout à fait normal qu’un chef d’Etat soit bien payé voire très bien. Et quoiqu’on pense de la personne, il est là de manière tout à fait légitime.

Sur la question du salaire, ce n’est évidemment pas la même problématique : les fonds qui servent à payer les footballeurs sont privés : publicités, licences de foot, abonnements aux chaînes privées, etc. C’est l’ampleur du phénomène qui fait l’ampleur des salaires. Mais si je ne suis pas intéressé par le foot, rien ne sort de ma poche… sauf bien sûr pour la construction des infrastructures, mais cela fait partie du bien commun.

Bon, ya du répondant, ça le fait chier, il change de sujet…

Heureusement ! Parce que j’aurais fini par lui demander s’il trouve normal de toucher les fameux 40% de salaire en plus pour la “prime de vie chère dans les DOM” payée par… nous !!

Je n’ai rien contre cette fameuse prime, il y a là tout un tas d’enjeux qui me dépassent. Je voudrais juste rappeler que les entreprises privées ne sont pas là pour faire de la charité : chaque salaire privé payé est considéré nécessaire à la survie de l’entreprise. Si l’entreprise peut payer moins pour les mêmes compétences, elle le fera !! Je raccourcis largement mais pour moi : chaque salaire privé est mérité POINT.

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Feb 24 2010

Usagers

Publié par dans Coups de gueule,Société

Quand cesserons-nous d’être des usagers pour le service public ? Quand les mairies nous considèreront-elles enfin comme de véritables citoyens avec davantage de droits que le simple usage ?

Le concept d’”usager” est très limitatif : par définition l’usager “utilise” et donc subit. C’est malheureusement le ressenti que j’ai à chaque fois que j’ai à faire avec nos chères administrations !

Les entreprises ont longtemps compris les notions de “client” et de “fidélisation”. Certaines anciennes administrations s’y sont mises tardivement (la Poste, la SNCF, etc.) mais utilisent maintenant ce vocabulaire.

Evidemment, sans concurrence, aucune nécessité de fidéliser et aucune notion de client.

Néanmoins, même si le vocabulaire ne change pas, il semblerait que le vent souffle dans le bon sens et tend à offrir une meilleure qualité de service aux usagers : 25 propositions pour l’amélioration de la relation numérique administration-usagers

Certaines sociétés innovantes, comme localeo, n’ont pas attendu ce rapport pour proposer des outils adaptés aux collectivités.

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Sep 29 2009

grippAranoïa

Publié par dans Coups de gueule,Société

Hop ! je n’échappe pas à la mode du moment en poussant un petit coup de gueule contre la grippe A ou plutôt contre la paranoïa qu’elle génère !

Au début du buzz, J’avais attrapé un petit rhume “classique” et je m’amusais des regards méfiants (mais joueurs) de mes collègues. Lorsque j’arrivais le matin, je ne manquais pas de leur tendre la main en plaisantant : “Qui veut la grippe A ?”. Certains grimaçait, mais cela restait jovial.

Puis, les grandes sociétés ont élaboré leur fameux plan de continuité d’activité, obligeant certains cadres à se protéger dans les transports en commun. Ont alors commencé à défiler les masques FFP2. Outre le fait de vous donner l’impression de prendre le métro avec la bande à Picsou, les masques exacerbent la grippAranoïa : les gens portent des masques pour se protéger mais on a l’impression que ce sont eux les pestiférés !

J’ai également reçu les directives de mon cabinet de conseil : “Interdiction formelle d’avoir un quelconque contact tactile avec les collègues, même pour les saluer le matin”.

Arf c’est quand même fort de ne plus pouvoir se dire bonjour ! Heureusement la consigne n’est pas vraiment respectée et tout le monde continue plus ou moins comme avant… du moins en apparence puisque bizarrement, les rouleaux d’essuie-mains s’épuisent très rapidement dans les toilettes. Soit les collègues se lavent davantage les mains, soit ils ont tous choppé la ch****e en même temps :P .

Le summum a été atteint lorsqu’un consultant de ma boîte a refusé de me serrer la main ! Aurais-je dû lui éternuer au visage ?

Et pour ne pas arranger les choses, la paranoïa, alimentée par les médias, poussent encore une fois les touristes à fuir La Réunion, 3 ans seulement après le chikungunya…

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Jun 19 2009

Bruno, éleveur de slides

Ce midi, je vais manger avec un collègue que je ne connais pas. Je me présente et il s’écrit :

Ah oui ! T’es le consultant qui fait les slides pour les Référentiels !

Argl ! Ouah, l’image ! Le cliché ! Bah OUI, monsieur ! Un consultant ça fait des slides !

Il faut savoir que “faire des slides” ça a une certaine connotation péjorative pour qui ne sait pas en faire. D’ailleurs, plus généralement, beaucoup d’informaticiens “techniques” ne considèrent pas comme leurs pairs les consultants “qui font du Word/Excel/Powerpoint”.

Et bien laissez-moi vous dire que pondre du slide c’est pas si simple ! Ca demande d’avoir l’esprit synthétique, d’avoir capté l’essence du sujet que l’on veut aborder, de savoir représenter les choses de manière simple et graphique (voire sexy), d’utiliser les mots clés à bon escient, etc. etc.

Alors OK, il y a des travers. OK, on peut facilement et subtilement orienter un slide dans le sens qu’on souhaite. OK, un slide ne permet pas de tout représenter (ce n’est pas non plus le but). OK, tout est formaté en 3 points… Mais :

Plus on monte dans les strates de l’entreprise, plus on travaille avec des décideurs, moins les gens ont du temps et plus ils réclament du slide qui leur permette d’avoir une bonne vision du sujet en un minimum de temps. Le slide est donc super important puisqu’il permet de décider (en raccourci).

Alors, oui… j’assume mon métier d’éleveur de slides.

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