Nov 15 2007
Lenteur de vivre ou la vie tranquille de La Réunion
Me voici en vacances à La Réunion après 2 ans et demi d’absence. Première impression : Rien, ou presque, n’a bougé. Certes, il y a un peu plus de voitures, quelques routes ont été modifiées mais les gens sont restés les mêmes. J’ai l’impression que l’île est figée dans le temps.
La vie à La Réunion n’a effectivement rien à voir avec la vie parisienne. A Paris et en métropole de manière générale, nous avons ce besoin de “remplir les week-ends”, d’avoir une vie passionnante en dehors du boulot. Cet état d’esprit n’existe pas à La Réunion. Les Réunionnais peuvent rester toute leur vie à ne rien faire et être parfaitement heureux (n’est-ce pas le but de l’existence que d’être heureux ?). Ceci se traduit par un fort taux de chômage à La Réunion (40%), une faible évolution des carrières et un fort abus des prestations sociales (RMI, Assedic, etc.). De plus, les Réunionnais ne profitent pas vraiment des attraits touristiques de leur île. La plupart des activités sont pratiquées uniquement par les touristes (zoreils).
Comment celà peut-il s’expliquer ? Sans aller jusqu’à dire que les parisiens ne sont pas heureux, ils n’ont peut être pas l’impression de s’épanouir dans leur milieu et ont donc ce besoin de faire un maximum de choses pour “vivre”. Au contraire, les Réunionnais sont toujours au soleil, entourés de copains et de leur famille, ils sont naturellement heureux. Pourquoi bouger alors qu’on est heureux ?
Etant né à La Réunion et ayant vécu mes 19 premières années sur l’île, je me sens Réunionnais “véritable”. Mais en 6 ans et demi de vie parisienne, j’ai été témoin d’une progressive transformation chez moi :
- Ma marche est plus rapide et mon regarde ne flâne plus (on fixe la porte du métro et on y va droit dessus !).
- Mon comportement est plus agressif de manière générale.
- Je suis passé d’une naïveté presqu’enfantine à une certaine méfiance des gens.
- Je déteste ne rien faire, je suis toujours en recherche d’efficacité et pire, j’impose cet état d’esprit autour de moi.
- etc.
Paris m’a fait développer une carapace qui me permet de vivre dans cette mégalopole et d’évoluer dans ce milieu concurrentiel fort. La question à se poser est : Suis-je heureux ? Ce petit pélerinage aux sources me fait le plus grand bien en me rappelant toute cette réalité. Il me fait aussi réfléchir sur ce que j’ai réellement envie de faire dans un avenir proche.
Amis parisiens, ne me jettez pas la pierre ! Avec le temps j’ai appris à comprendre Paris et je pense que j’aime cette ville malgré tout. Mais La Réunion a une place plus large dans mon coeur et je ne me vois pas à 50 ans dans la grisaille.












