Sep 30 2007
La stratification du stress ou le développeur, cette fourmi…
Comme vous le savez peut être, en France, un projet informatique est organisé en strates :
- Le client : Le roi, c’est lui qui a le besoin, c’est lui qui paye, c’est lui qui gueule.
- La maîtrise d’ouvrage ou MOA : Souvent confondue avec le client (à tord), c’est elle qui assure le lien entre client et MOE. Elle formalise les besoins des clients et s’assure que la solution fournie par la MOE réponde bien à ce besoin.
- La maîtrise d’oeuvre ou MOE : C’est l’entité qui réalise la solution spécifiée par la MOA qui répond au besoin du client.
- L’exploitation : En charge de l’installation et de l’exploitation de la solution en production.
En plus de ces 3 couches “classiques”, on trouve régulièrement dans les grandes entreprises françaises les couches intermédiaires :
- L’assistance à maîtrise d’ouvrage ou AMOA (parfois appelée MOA déléguée) qui se situe entre MOA et MOE
- L’assistance à maîtrise d’oeuvre ou AMOE (parfois appelée MOE déléguée) qui se situe entre MOE et Exploitation
Je n’entrerais pas ici dans le débat stérile et polémique de l’utilité de ses couches. L’important est de constater que la MOA doit au moins faire confiance à 2 voir 4 couches pour la bonne réalisation de sa solution. Ajoutez à celà que la plupart des projets français suivent un bête cycle en V non itératif et que la MOA ne peut donc “voir” le résultat de la solution qu’à la fin du cycle complet. Elle doit donc faire confiance à toutes les strates sous-jacentes pendant toute la durée du projet (souvent plusieurs mois !).
Comment alors ne pas stresser lorsqu’on fait partie de ces couches supérieures ? Lorsqu’on a finalement aucun point de contrôle intermédiaire et donc aucune maîtrise du résultat final ? Les couches supérieures sont bien dépendantes des couches inférieures et pas l’inverse.
Ceci me rappelle une petite fable sans auteur (Si vous trouvez l’auteur, faites moi signe
) :
Il était une fois, une Fourmi heureuse et productive qui, tous les jours, malgré un long parcours depuis son domicile, arrivait de bonne heure à son travail.
Elle passait toute sa journée à oeuvrer dans la joie et la bonne humeur, poussant même la chansonnette à l’occasion.
Elle était heureuse de travailler et son rendement était excellent mais, malheur !, elle était autonome et pas pilotée par un manager …
Le Frelon, PDG de l’entreprise, considérant qu’il n’était pas possible que l’organisation puisse perdurer ainsi, créa un poste de manager pour lequel il recruta une Coccinelle avec beaucoup d’expérience.
La première préoccupation de la Coccinelle fut d’organiser les horaires d’entrée et de sortie de la Fourmi. Elle créa également un système de compte-rendu et de fiches navettes.
Très vite, il fallut engager une secrétaire pour l’aider à préparer les dossiers et le reporting, si bien qu’elle recruta une Araignée qui mis sur pied un système de classement et fut chargée de répondre au téléphone. Pendant ce temps là, la Fourmi heureuse et productive continuait de travailler, travailler, travailler.
Le Frelon, PDG de l’entreprise, était ravi de recevoir les rapports de la Coccinelle, si bien qu’il lui demanda des études comparatives avec graphiques, indicateurs et analyses de tendance.
Il fallut donc embaucher un Cafard pour assister le manager et acheter un nouvel ordinateur avec une imprimante.
Assez vite, la Fourmi heureuse et productive commença à baisser de rythme et se plaindre de toute la paperasserie qui lui est dorénavant imposée… Oh ! Elle ne demandait pas un juste salaire amélioré, proportionnel à son travail, mais elle se plaignait de la charge supplémentaire. Faire de la paperasse pour recevoir de l’argent, elle eût trouvé çà complètement logique. Mais, pas du tout !
Le Frelon, PDG de l’entreprise, considéra qu’il était temps de prendre des mesures.
Il créa donc le poste de chef de service pour superviser la Fourmi heureuse et productive.
Le poste fut pourvu par une Cigale qui changea tout le mobilier de son bureau et demanda un nouveau fauteuil ergonomique ainsi qu’un nouvel ordinateur avec écran LCD plat.
Seulement, avec plusieurs ordinateurs, il fallut aussi installer un serveur réseau.
Le nouveau chef de service ressentit rapidement le besoin de recruter un adjoint (en fait son assistant dans son ancienne entreprise) afin de préparer un plan stratégique de pilotage ainsi que le budget de son nouveau service.
Pendant ce temps-là, la Fourmi était de moins en moins heureuse et de moins en moins productive.
“Il va nous falloir bientôt commander une étude sur le climat social”, dit la Cigale.
Mais, un jour, le Frelon, PDG de l’entreprise, en examinant les chiffres, se rendit compte que le service dans lequel la Fourmi heureuse et productive travaillait n’était plus aussi rentable qu’avant.
Il eut donc recours aux services d’un prestigieux consultant, M. Hibou, afin qu’il présente un diagnostic et et préconise des solutions.
Après une mission de trois mois dans l’entreprise, Le Hibou rendit son rapport :
“il y a trop de personnel dans ce service”.
Le Frelon, PDG de l’entreprise, suivit ses recommandations et…
licencia la Fourmi !













Est tu sur que cette fable illustre bien ta conclusion “Les couches supérieures sont bien dépendantes des couches inférieures et pas l’inverse”?
car le licenciement de la fourmi a-t-il entrainé des conséquences dans le fonctionnement de l’entreprise ?
est ce que, par ce poste, tu veux illustré que la stratification de l’entreprise est une mauvaise chose pour la productivité?

quelle serait la solution pour un meilleur fonctionnement de la société?
Emm@
Les réponses à tes questions ne sont pas aussi simples
Certes il faut stratifier pour que les managers puissent avoir un suivi correct de l’activité mais il ne faut pas perdre de vue ce qui fait la valeur de l’entreprise : son savoir-faire.
En un mot : Stratifier, oui, mais intelligemment.